Lettre (J.N. Darby, 1861) : Réception sur témoignage ? (I)
à Mr P.
Bien-aimé frère,
J’en viens à vos questions :
1° Je crois qu’il est très fâcheux qu’un frère fasse part de ses pensées, en public, sur des questions ou des choses où il ne connaît pas la pensée de l’assemblée. Au reste, en général, à moins que cela ne soit nécessaire pour avertir, les questions ne devraient pas être amenées devant le public.
2° Ensuite, la question de réception est souvent mal posée. Nous ne sommes pas un corps volontairement associé, mais, dans la mesure où nous pouvons l’être, un rassemblement des membres du corps de Christ, un rassemblement des siens, opéré par le Saint Esprit. Nous ne recevons pas des personnes au milieu de nous pour prendre la cène avec nous ; Christ a dû les recevoir, nous les reconnaissons, étant responsables de garder la sainteté de la table du Seigneur et la vérité de Dieu. Les reconnaître, c’est une affaire de confiance, et qui dépend du témoignage que nous avons de leur vie. Il ne s’agit plus de délibération pour les recevoir, une fois que leur christianisme est constaté, sans en excepter la sainteté et la vérité ; car l’Esprit qui conduit les enfants de Dieu est l’Esprit de vérité et l’Esprit Saint. Ils ont droit, dans ce cas, à la table. Reste encore la discipline. En des cas douteux, il est très à désirer que la conscience de toute l’assemblée soit au clair et ainsi au large ; mais si l’homme est chrétien, connu comme tel, ou assez connu de quelque personne grave, pour que le témoignage de celle-ci soit une garantie du christianisme de celui qui désire prendre la cène, à mon avis il ne faut pas autre chose. Seulement, il est bon de le nommer devant l’assemblée, et en tout cas de le mentionner à quelques membres graves de la réunion, si l’on n’a pas de temps pour en parler davantage. C’est donc une affaire de témoignage suffisant, car il s’agit de maintenir un esprit de confiance entre tous. Si celui qui présente une âme nouvelle est un chrétien jeune ou léger, il vaudrait mieux que son témoignage fût appuyé par quelques chrétiens qui eussent plus de discernement. On devrait se réjouir de voir arriver de nouvelles âmes, mais on devrait veiller en même temps à ce que la vérité et la sainteté fussent sauvegardées.
[…]
Saluez D. et tous les frères.
Votre tout affectionné.