Lettre (J.N. Darby, 1869) : Réception d’un croyant qui estime son système être plus juste ?
Chers frères,
J'écris pour les deux, parce que je sais à peine qui est à -, en fait pour tous, selon le désir de mon cœur ; et vous ne serez pas étonnés que je m'intéresse à l'assemblée qui s'y trouve. J'ai entendu de la part de M. - et aussi par l'intermédiaire d'un autre, bien sûr seulement un côté des circonstances, et par conséquent je dis peu sur eux ; N., en effet, a fait allusion à la question soulevée, mais pas aux circonstances. Je me référerai principalement aux principes, car vous sentirez que nous sommes tous, comme d'un seul corps, intéressés à la position prise, et encore plus à la gloire de Christ et le bien-être de nos frères.
La question posée est au sujet de la réception des saints pour prendre part avec nous à la table du Seigneur : Peut-on admettre ceux qui ne sont pas d'une manière formelle et régulière parmi nous. Il n’est pas question si nous excluons des personnes qui ne sont pas saines dans la foi ou impies en pratique: ni de savoir si, marchant délibérément avec ces [personnes, nous partageons leur culpabilité - montrant que nous ne sommes pas « purs dans l’affaire » [2 Corinthiens 7: 11]. Le premier point n'est pas contesté, et, quant au second, des frères y ont insisté, et moi parmi eux, à un coût très douloureux pour nous-mêmes. Ceci est, pour moi, tout clair et simple d'après l'Ecriture. On peut présenter des raisons subtiles pour approuver le mal, mais nous avons toujours été fermes, et Dieu, je crois, l’a pleinement approuvé. La question n'est pas là; maismais supposons une personne, connue pour être pieuse et saine dans la foi, qui n’a pas quitté un système ecclésiastique – non, qui pense même que l'Écriture favorise un ministère consacré, mais est heureuse quand l’occasion se présente - supposons nous sommes les seuls [chrétiens] dans cet endroit, ou bien cette personne n’est pas en rapport avec un autre corps dans cet endroit et demeurerait chez un frère ou de sorte - doit-elle être exclue, parce qu'elle appartient à quelque système au sujet duquel sa conscience n'est pas éclairée – ou, qu'elle estimerait même être plus juste ? Cette personne est un membre pieux du corps et connue comme telle. Doit-elle être exclue ? Si oui, le degré de lumière donne droit à la communion et l'unité du corps est niée par l’assemblée qui refuse cette personne. Le principe de se rassembler comme membres de Christ qui marchent en piété est abandonné, être d'accord avec nous devient la règle, et l'assemblée devient une secte avec ses membres comme les autres. Ils se réunissent sur leurs principes, baptistes ou autres, vous sur les vôtres, et s'ils n'appartiennent pas formellement à vous, vous ne les laissez pas entrer. Ainsi, le principe des rassemblements des frères est abandonné, et une secte en plus est formée, disons avec plus de lumière, mais c’est tout. Cela peut causer plus de trouble, exiger plus de soin de traiter chaque cas particulier selon le principe de l'unité de tous les membres de Christ plutôt que de dire : « Vous n'êtes pas avec nous; vous ne pouvez venir ». Mais, en faisant ainsi, le principe tout entier du rassemblement est perdu. Ce chemin n'est pas de Dieu.
J’ai entendu, et je le crois en partie, car j’ai entendu ailleurs des personnes promptes et violentes le dire, que les diverses célébrations sectaires de la Cène sont des tables de démons. Mais ceci prouve seulement la folie et l'ignorance de celui qui le dit. Les autels païens sont appelés des tables des démons parce que, et expressément parce que, ce qu'on y offrait était offert (selon Deutéronome 32: 17) à des démons et non pas à Dieu; et appeler des assemblées chrétiennes de profession, quelques ignorantes qu'elles puissent être de vérité ecclésiastique, et par conséquent ne se réunissant pas correctement — les appeler des tables de démons, est un monstrueux non-sens et montre le mauvais état de celui qui parle ainsi.
Aucun homme sobre et honnête ne peut nier que l'Écriture veut dire quelque chose de totalement différent.
J’ai entendu – je ne sais pas si c’est vrai – qu’il a été dit, que les frères en Angleterre agissaient sur cette base. Si cela a été dit, c’est simplement et totalement faux. De nouveaux rassemblements ont été formés pendant mon absence en Amérique que je n'ai jamais visités; mais les plus anciens, qui marchent depuis longtemps comme frères, que j’ai connus dès le commencement ont toujours reçu des chrétiens connus, et de partout, je n’en doute pas, les nouveaux rassemblements aussi, comme dans chaque pays. J’ai connu des individus adopter cette pensée, au moins un à Toronto, mais l'assemblée a toujours reçu les vrais chrétiens : le dernier dimanche où j'étais à Londres, trois personnes ont rompu le pain de cette manière. Il ne peut pas y avoir trop de soin concernant la sainteté et la vérité : l'Esprit est l'Esprit Saint, etl'Esprit de vérité. Mais l’ignorance de vérité ecclésiastique n'est pas un motif à excommunication, lorsque la conscience et la marche ne sont souillés. Si une personne venait et posait comme condition qu'il lui soit permis d'aller aux deux, il ne viendrait pas en simplicité dans l'unité du corps. Je sais que ceci est mal et ne peut le permettre, et il n'a aucun droit d'imposer une condition quelconque à l'église de Dieu. Elle doit exercer la discipline selon les cas qui apparaissent, selon la Parole. Je ne pense pas non plus qu’une personne qui va régulièrement et systématiquement de l’un à l’autre, puisse être honnête en allant vers l’un deux ; elle se place en supériorité aux deux, et de condescendance envers chacun d'eux. Dans cet acte, ce n’est pas un « cœur pur ».
Que le Seigneur vous dirige. Souvenez-vous que vous agissez comme représentant toute l'Eglise de Dieu, et si vous vous écartez du droit chemin quant au principe du rassemblement, se séparer de ce principe est devenir une secte locale établie sur ses propres principes. En tout ce qui concerne la fidélité, Dieu m'est témoin que je ne cherche pas de relâchement ; mais Satan est actif pour nous mener d'un côté ou de l'autre, pour détruire la largeur de l'unité du corps ou pour la convertir en relâchement pratique ou doctrinal. Il ne faut pas que pour éviter une erreur, nous tombions dans l’autre. La réception de tous les vrais saints est ce qui donne sa force à l'exclusion de ceux qui marchent dans le relâchement. Si j'exclus aussi tous ceux qui marchent pieusement, qui ne suivent pas avec nous, l'exclusion perd sa force, puisque ceux qui sont pieux sont aussi exclus.
On n’est pas membres des frères. Être membre d'une assemblée est chose inconnue à l'Écriture. On est membre du corps de Christ. Si les personnes doivent toutes être des « vôtres », c’est pratiquement être membres de votre corps. Que le Seigneur nous en garde de cela;- ce terrain n'est pas autre chose que celui de la dissidence.
Pour toujours, cher frère,
votre affectionné.
Je devrais, si je venais à -, exiger des preuves claires sur lequel vous vous réunissez.
Kingston,
19 avril, 1869